DISCOGRAPHIE BIOGRAPHIE MUSIQUE

BIOGRAPHIE

1916 – 1929 :
ENFANCE, NATURE ET RYTHMIQUE INDIENNE.

Initialement né Louis Thomas Hardin le mardi 26 mai 1916 à Marysville, Kansas. Son père s’appelait également Louis T. Hardin et était prêtre épiscopat il travaillait dans les réserves indiennes. Le livre History of Marshall County, Kansas d’Emma Forter(1917) nous apprend qu’il était arrivé à Marysville le 19 décembre 1914. Sa mère elle, était enseignante. Louis avait également une sœur. Le cousin du père de Louis n’était autre que le fameux hors-la-loi et as de la gâchette : John Wesley Hardin, également né un 26 mai, en 1853 à Bonham, Fannin County, Texas et décédé le 19 août 1895 à El Paso, Texas. Le même dont Bob Dylan chanta les louanges en 1967 rajoutant un « g » au nom de famille, avec la chanson John Wesley Harding issue de l’album éponyme ; « John Wesley Harding était l’ami des pauvres, il voyageait un pistolet à chaque main. Dans tout le pays, il a ouvert bien des portes, mais on ne l’a jamais vu faire de mal à un honnête homme ».

Enfant, Louis et sa famille voyagèrent énormément au travers de leurs nombreux déménagements. En 1918 son père emmena sa famille à Clinton, Caroline du Nord, pour des raisons professionnelles. Deux ans plus tard ils allèrent à Plymouth, Winscosin et l’année suivante à Evanston, Wyoming. Son père tenait un comptoir d’échange à Fort Bridger dans le Wyoming lorsque Louis avait environ 8 ans, puis deux ranchs pendant quelques années.

La première école de Louis, était une cabane faite de rondins de bois à Burnt Fork dans le Wyoming et son premier professeur fut sa mère. Jeune, il adorait la pêche et la chasse et était extrêmement proche de la nature. Avec les autres enfants il se rendait à cheval à l’école de Lone Tree, une communauté établie autour de l’élevage du bétail.

Rapidement la musique fit son apparition dans la vie du jeune Louis. A l’âge de 5 ans, lorsqu’il vivait encore dans le Wyoming, il reçut son premier instrument : une batterie en carton. Mais une autre expérience marqua également à jamais l’approche musicale de Louis : un jour où son père l’avait emmener alors qu’il visitait une Réserve indienne de la tribu Arapaho. Là bas, Louis fut invité par Yellow Calf, le chef de la tribu, à s’assoir sur ses genoux afin de battre le rythme de la Danse du Soleil, un des rites les plus important et spectaculaire pratiqué par les Indiens des Plaines. Plus tard, Moondog aura ces mots : « Ma conception du Jazz est plutôt orientée ‘Indiens d’Amérique’ ».


1930 – 1943 :
L’AVEUGLE À L’OREILLE ABSOLUE.

Nouveau départ en 1929, du fait de la crise son père vend le ranch et emmène sa famille plus à l’Est où ils achetèrent une ferme à Hurley, Missouri. Cette même année, Louis apprend la batterie au collège de la ville. Et c’est trois ans plus tard le 4 juillet 1932, jour de l’Indépendance, qu’il perd la vu à l’âge de 16 ans, en ramassant un drôle d’objet sur une voie de chemin de fer qui s’avérait être un bâton de dynamite. Bien plus tard, il avouera qu’au moment de prendre ce bâton de dynamite, il savait que s’en était un, mais que quelque chose le poussait à le prendre, une sorte de destinée. Suite à cet accident il perd toute croyance en Jésus ou en le Dieu chrétien.

En février 1933 il débute l’apprentissage du braille à l’école pour aveugle du Missouri à St Louis et, durant l’été de cette même année, sa sœur lui lit une nouvelle de Jessie Fothergill intitulée The First Violin et quelque chose – à ce moment là – fit qu’il voulu devenir compositeur.

Il finit ses études à l’école pour aveugle de l’Iwoa, c’est là bas qu’il reçut sa première véritable formation musicale, il y étudia le violon, l’alto, le piano, l’orgue, les notions d’harmonie et le chant basse dans les chœurs avec Burnet Tuthill comme professeur, qui était à l’époque Directeur du Conservatoire de Memphis. Mais beaucoup de ce qu’il connait de la musique vient de ses performances d’autodidacte, de la lecture en braille de livres à ce sujet, de longues heures d’écoutes, d’un énorme travail de l’oreille. Tant et si bien que ses musiques, il les écrit loin de tout instrument, les testant de temps à autre sur un piano.

Plus tard, il quittera l’école pour aller vivre à Batesville, Arkansas jusqu’en 1942 et grâce à Virginia Sledge il obtiendra une bourse pour aller étudier à Memphis auprès de I. L Meyers. A propos de ce dernier Louis dira plus tard : « Mon professeur à Memphis préférait la musique moderne au Classique. Pas moi, alors j’ai décidé de partir à New York avec 60 dollars en poche. Je voulais arriver en inconnu, c’était plus romantique comme ça ».


1943 – 1947 :
ARRIVÉE À NEW YORK.

En novembre 1943 il se rend donc à New York avec 60 dollars en poche. Les premiers jours il allait à l’hotel, mais à 2 dollars la nuit ça devint vitre trop couteux. Alors à l’instar de l’Empereur Marc Aurèle il opte pour un plancher dur en guise de lit estimant que c’était bien meilleur pour la santé qu’un véritable lit et affirmant que les médecins ralliaient également ce point de vu. A la « Big Apple », comme disaient les jazzmen pour désigner New York, il travail comme modèle pour des Écoles d’Art, il existe un tableau le représentant, intitulé « The Young Blind Composer », qui fut exposé au Canergie Hall jusqu’en Juin 1944. Il fabriquait aussi des ceintures de cuir qu’il vendait aux touristes.

C’est à cette époque également qu’il fréquente les concerts du Philharmonique de New York, la première fois qu’il s’y rend il assiste à la représentation d’une pièce de Beethoven. Le vendredi suivant il y retour et c’est là bas il fait la connaissance de personnalités du monde de la musique tel qu’Arthur Rodzinski, Leonard Bernstein ou encore Arturo Toscanini et Stravinsky. Louis assistait aux répétitions posté à la porte de la salle, le premier violoncelliste de l’époque le présenta à Rodsinsky qui lui demanda ce qu’il désirait, Louis lui répondit qu’il était un jeune compositeur fraichement arrivé à New York et qu’il souhaitait simplement l’autorisation d’assister aux répétitions.

Rodzinski qui fut très impressionné par l’allure du jeune Louis, (le soir même il dira à sa femme : « Aujourd’hui j’ai eu un gros choc. J’ai vu une personne avec le visage du Christ ») accepte et trois ans durant Louis assista aux répétitions.Leonard Bernstein, qui était l’assistant de Rozinsky à cette époque et Leonard Busch, le premier violoniste, apprirent à Louis comment diriger un Orchestre. Après trois ans Rodzinski quitta le Carnegie Hall, où l’Orchestre donnait des représentations, et le patron demanda à Louis de s’habiller plus correctement, de façon « moins artistique », s’il voulait continuer de fréquenter le lieu. En effet, Louis avait la particularité de s’habiller de façon très particulière, à l’époque il portait des vêtements qui lui donnait une allure ecclésiastique, une longue cape de moine à capuche, d’une chemise marron et d’un foulard marron noué autour de son cou et décoré d’une chaîne d’argent à la quelle pendait une point de flèche Indienne. . « Je vis, pense, et m’habille d’une façon qui m’est personnelle », répondra Louis qui resta donc à l’écart.


1947 – 1949 :
DE LOUIS T. HARDIN À MOONDOG.

Cela nous amène donc en 1947, date à laquelle Louis commence à user du pseudonyme de Moondog en hommage à Lindy, le chien qu’il avait lorsqu’il vivait à Hurley, et qui selon lui hurlait à la lune plus qu’aucun autre. Plus tard il apprendra que cela signifie « arc en ciel au dessus de la lune » pour les Inuits en Arctique.

Il se met aussi à écrire sa musique en braille. S’effectue alors un travail considérable avec l’aide entre autre du Dr Richard M. Williams, compositeur, arrangeur et pianiste, qui retranscrivait ce que Moondog lui dictait. Cette méthode fut utilisé pour bon nombre des compositions de Moondog. Une danseuse asiatique, Anna Naila, l’aidait également à transfigurer sur papier certaines de ses compositions.

Il développe également ses propres procédés rythmiques (le « Snaketime » en référence à l’ondulation du son par exemple). Il est important de garder à l’esprit que Moondog est avant tout un percussioniste, son travail est essentiellement rythmique. La majeur partie de ses compositions sont en 5 temps. Il allait même jusqu’à affirmer que « La race humaine s’éteindra dans un tempo de 4/4 ».

Moondog se voulait très classique dans sa musique, que ce soit au travers de la forme, du contenu et de l’interprétation. Cela s’avère tout de même difficile par moment, d’utiliser des procédés classiques pour obtenir un résultat qui ne l’est pas, mais c’est aussi ce qui fera de Moondog un compositeur original. A partir de procédé ancestraux et maintes fois utilisés par le passé il obtint un résultat nouveau, à l’heure même où les compositeurs cherchaient à créer une musique nouvelles grâce aux avancées technologiques.

De là, il décidera de marcher humblement dans les traces des grands maîtres de la musique Classique tels que Jean-Sébastien Bach (son favoris), Franz Joseph Haydn, Wolfgang Amadeus Mozart, Ludwig van Beethoven, Richard Wagner, ou encore Johannes Brahms, défendant leurs valeurs. La pièce de musique Classique préférée de Moondog était la Symphonie en Sol mineur de Mozart qu’il estimait être un mélange parfait entre classique et romantique.

Ne sachant guère trop comment se définir lui même, il partit donc du principe que les musiciens classiques équivalent à l’utilisation de « la note juste » en opposition aux musiciens modernes qui eux usent de « la fausse note » (atonalité donc). Moondog est donc un compositeur classique, usant de notes justes, mais d’une façon qui diffère de l’utilisation qu’en faisaient Bach ou Wagner.

Il faut savoir que la rigueur musicale de Moondog était exceptionnelle. Son compositeur de prédilection étant Bach, il étudia énormément ses partitions. Et plus il les étudiait, plus il se rendait compte que le « maître insurpassable » violait parfois les fondements de certaines règles musicales, faisant selon Moondog de terribles erreurs. Il pensait que Bach écrivait tellement de pièces et qu’il avait tellement d’enfants dont il devait s’occuper qu’il n’avait pas le temps de relire ses œuvres.

Il adopte alors un style lui étant propre dans lequel il use de nombreuses subtilités empruntées à la musique Classique, telles que les contre-temps, le contrepoint, l’improvisation ou les canons. La plus part des techniques citées ne lui furent pas enseignées dans les Écoles de musique qu’il fréquentait, il dû donc les approcher et les comprendre lui même.


1949 – 1953 :
DANS LES RUES DE NEW YORK #1.

Impossible de ne pas évoquer le côté marginal du compositeur. Avant toute chose, il y avait la façon dont il s’habillait, évoquée précédemment. Moondog abandonna très vite sa tenue de moine, qui lui valait de trop nombreuses comparaison avec le Christ qu’il ne supportait pas, lui qui avait perdu toute fois en la religion. Au début des années 50 il s’intéresse beaucoup à la mythologie germanique et se fait raconter l’Edda (Un ensemble de poèmes en vieux norrois rassemblés dans un manuscrit islandais du XIIIe siècle, le Codex Regius. C’est aujourd’hui la plus importante source de connaissances sur la mythologie scandinave). Grand amateur de ces Sagas Nordiques, il opte donc pour un costume de viking, abordant un casque à cornes et une lance, se baladant ainsi en plein milieu de Manathan.

Et dans les rues de New York, il jouait sa musique à l’aide de petits claviers bons marchés et de percussions qu’il imaginait et construisait lui-même tels que le Oo (Instrument à corde, de forme triangulaire), le Utsu, le Uni (instrument à sept cordes, toutes réglés sur la même hauteur), le Hüs (instrument à cordes avec une caisse triangulaire. Les cordes sont faites de boyaux tendues de chaque côté et joué avec un archet) ou encore le fameux Trimba (instrument composé de « tubes » de bois de formes triangulaires avec une ou deux cymbales directement rattachées au bois. Les fûts sont en acajou du Honduras et les têtes sont en cuir souple. Le grand tambour repose sur sa base et le petit sur son sommet. Un écho se créé lorsque l’on frappe le tambour sur la jante. Une maracas dans la main droite pour jouer « on-beat » et une clave dans la main gauche pour jouer le « off-beat » sont utilisés pour battre les rythmes).

Il récitait également des poèmes, en vendait des recueils et philosophait avec qui le souhaite à l’angle de la 54ème rue et de la 6ème avenue (le Moondog’s Corner aujourd’hui) où il occupait un porche sans discontinuer entre 20 heures et 6 heures le lendemain matin. Les rues étaient son théâtre à lui. Il y vivait durement, constamment en marge de la société, dormant à même le sol et subissant les froids hivers subissant des vols. Parfois, Il se retirait dans sa « résidence secondaire » du New Jersey un lopin de terre où il vivait sous une tente.

Parallèlement, il compose ses œuvres et travail d’arrache pied, étudie le Jazz et l’improvisation et réalise ses premiers enregistrements avec l’aide de Gabriel Oller, entre 1949 et 1950, sur support 78 Tours sous le label SMC (pour Spanish Music Center à New York) établit sur la 6ème Avenue. Les quatre disques en question sont Snaketimes Rhythm, Moondog’s Symphonys, Organ Rounds, et Oboe Rounds sur lequel est gravé la première version de All Is Loneliness.

Les prémices de sa carrière sont fortement marqué par une précarité en terme de moyens également, on est loin des directions d’Orchestres qu’on mettra plus tard à sa disposition pour les disques de la Columbia. A ses débuts et pour les disques précédemment cités, Moondog enregistrait lui-même les parties au piste par piste. Il fut d’ailleurs l’un des pionnier de re-recording (procédé qui consiste à ajouter des sons à des prises de son précédemment enregistrées , offrant ainsi plusieurs possibilités à l’artiste, comme de doubler sa voix, de jouer de plusieurs instruments, etc…) en même temps sur le même morceau, etc. Lors d’un entretien pour le Daily Mirror du 11 juin 1951 il expliquait « Nous avons d’abord doubler le rythme du tambour. Puis je met des écouteurs et écoute pendant que je joue la partie d’orgue, et les deux sont enregistrées ensemble ». Il est essentiel de noter que les bases de ses compositions se trouvent dans ces enregistrements, plus tard il les reprendra et les interprétera dans de meilleurs conditions pour un résultat remarquable.

En 1952, Moondog s’est marié pour la deuxième fois à une japonaise nommée Suzuko Whiteing. Le couple vivait dans la maison des parents de Suzuko pendant un temps, mais, Moondog ne renoncerait pas à dormir dans la rue pour autant et ce, même quand ils ont eu leur fille, June. Cette dernière devait naître au mois de mai et s’appeler May, mais elle est né un 1er juin. En 1971 on pourra l’entendre chanter sur le disques Moondog 2 – Madrigals.


1953 – 1968 :
DANS LES RUES DE NEW YORK #2.

En 1953 Moondog fait la rencontre d’un autre personnage qui aura son importance. Il s’agit de Tony Schwartz, un archiviste sonore agoraphobe qui enregistrait les musiciens de son quartier pour sortir des disques de musique de rues sur le label Folkways Records. Parmi ses disques certains comprenaient des enregistrements de Moondog, notamment New York 19 (1954) et Music in the Streets (1957). C’est également lui qui enregistra le disque Moondog in the Streets of New York en 1953.

Entre 1953 et 1957 il enregistrera en son nom 4 albums et 5 EP, sera reprit par Kenny Graham, jouera pour un album aux cotés de Julie Andrews (Mary Poppins). Mais le succès n’est pas véritablement au rendez vous. De nombreux jazzmen viennent voir Moondog jouer dans la rue, parmi eux on compte Duke Ellington, Charles Mingus, Benny Goodman avec qui il fera un bœuf et évidement Charlie Parker à Broadway. Il rencontrera aussi durant cette même période Marlon Brando, Buddy Rich ou Miles Davis. Moondog enregistrera d’ailleurs trois disques sur le label Prestige Records (son premier éponyme, More Moondog, et The story of Moondog). Ces deux derniers disques valent à Moondog un statut de musicien d’avant-garde qu’il ne supporte pas, lui qui se veut médiéval dans sa façon de concevoir la musique.

Les royalties de ses premiers disques étaient faibles, mais Moondog réussi néanmoins à mettre de coté environ 600$, qui lui servirent à acheter 40 acres de terres à Owego près de New York entre Ithaque et Binghamton. De temps à autre Moondog s’offrait un ticket de bus jusqu’à Owego, deux heures de bus et 3 miles à pied lui permettaient ainsi de gagner sa retraite. Dans un premier temps, lui et un voisin mirent en place une petite cabane, mais en 1961, Moondog avait construit une cabane d’environ 5 mètres par 5 mètres, chauffée par un poêle à bois de grande taille. Moondog a continué de se rendre de temps à autre dans sa cabane jusqu’à son départ permanent pour l’Allemagne. Cette petite « retraite » reste le seul foyer que Moondog avait en Amérique après avoir quitté la maison de son père.

Il développe sa technique des canons liée à l’esthétique musicale du XVI ème siècle anglais, cette technique appelée Ground ou Ostinato en italien définie comme « quelque chose qui, une fois commencée, se poursuit continuellement sans être abandonné ».


1969 – 1971 :
LA PÉRIODE COLUMBIA.

En 1969 – Moondog entame un procès contre un certain Disc Jokey Alan Freed (connu plus tard pour être l’inventeur du terme « Rock n’ Roll »). En effet, ce dernier utilisa un son d’un hurlement de loup emprunté sans son accord à un disque de Moondog et alla même jusqu’à intitulé son émission The Moondog Show.

Hardin se rendit au tribunal en robe de bure, on passa sa musique et la Cour jugea que Moondog avait travaillé dur pour assoir son nom, Freed fut donc condamné et dût changer le nom de son émission (qui deviendra donc The Rock n’ Roll Show). Selon la légende, Igor Stravinsky aurait lui-même passé un coup de fil au juge en défendant la cause de Moondog, déclarant « Prenez soin de ce type. C’est un compositeur sérieux ». Après cette affaire, Moondog reprend son petit bonhomme de chemin, hors des sentiers battus.

C’est alors qu’il fut repéré par James Guercio travaillant à CBS (Columbia Broadcasting System), à qui il avait vendu ses poèmes. A cette époque la Columbia cherchait à sortir des disques nouveaux. Il lui offre la possibilité d’enregistrer un disque qui est aujourd’hui considéré comme son chef d’œuvre ; l’album éponyme de 1969, où jouent ensemble musiciens de jazz et membres du New York Philarmonic. On retrouve dans ce disque ses Symphoniques #1, #3 et #6, la dernière étant dédiée à Benny Goodman, des titres comme Stamping Ground ou Witch of Endor. C’est donc également cette album qui comporte le fameux Bird’s Lament.

Cet album est celui avec lequel sa carrière prit réellement son envol. Il lui valu la reconnaissance de nombreux musiciens. Philip Glass et Steve Reich sont admiratifs face à ce travail, plus tard ils suivront les traces de Moondog et seront le fer de lance du courant minimaliste et répétitif. Glass hébergera Hardin six mois durant. Cette période fut mise à profit pour revisiter les morceaux de Moondog, ainsi que pour lui faire rencontrer Terry Riley autre ponte en devenir du courant minimaliste, ensemble ils enregistrèrent quelques morceaux que l’on peut écouter sur le CD fournis avec la biographie officielle de Robert Scotto (I Came Into This World Alone, Be a Hobo, Why Spend the Dark Night With You, All is Loneliness).

Il existe cependant une véritable différence entre ces compositeurs se réclamant, à juste titre, du courant avant-gardiste, et Moondog lui même. Leur seul point commun va être leur façon nouvelle ce concevoir les rythmes, ce que Moondog accepte sans aucun problème. Seulement ce dernier ne tolère pas les dérives en matière d’harmonies et de mélodies qu’explorent Glass, Reich et Riley qui prônent l’atonalité dans leurs compositions. Il tiendra ces propos à leur sujet : « [qu']iIs violent toutes les règles… Rythmiquement, je peux l’accepter ; mais pas musicalement, pas mélodiquement ou harmoniquement… ». On retrouve cette différence évoquée aux débuts avec « les notes justes » et « les fausses notes ».

Même après la sortie de cet album, et son succès, le viking ne change en rien sa façon de procéder, il joue toujours dans la rue et vit de la même façon. Seulement, avec l’avènement du mouvement Beatnick il est rapidement considéré comme une sorte d’icône, statut qu’il ne cherche nullement à acquérir. Il entame les années 70 avec un nouvel album, Moondog II (1971) paru chez Columbia également, qui se compose d’une trentaine de sublimes madrigaux. Puis il lit des poèmes avec Allen Ginsberg, côtoie Williams Burroughs, joue dans des bars avec Las de tout cela, il se retirera alors à Candor entre 1972 et 1974, quittant sa vie dans la rue pour ne se concentrer que sur sa musique dans le calme.


1974 – 1979 :
EXIL EN EUROPE.

Bien que né aux États-Unis, Moondog se considérait comme « un européen en exile » ; son cœur et son âme étaient en Europe. Il avait, disait-il, un pied aux États-Unis et un autre en Europe, un pour le présent et l’autre pour le passé. De plus, sa mère avait des origines allemandes et son père scandinaves.

En 1974 on lui propose de venir donner une série de concerts en Europe, à Francfort. N’ayant jamais réellement trouvé sa place en Amérique, il saute sur l’occasion. Il décide de s’installer là bas, en Allemagne. Trois année plus tard, aux Etats-Unis, le chanteur Paul Simon annoncera officiellement à la télévision que « Moondog n’est plus » lors de son émission Paul Simon Special, persuadé que Moondog était décédé à linstar de nombreux newtorkais passant devant le Moondog’s Corner vide de son habituel occupant.

Mais en Allemagne, très rapidement il retrouve alors sa vie de mendiant faute d’argent. Tom Klatt, un jeune allemand qui avait entendu la musique du compositeur à la radio fut le premier à aider Moondog à son arrivé en Allemagne. En l’hébergeant chez lui il risque de se voir expulsé de chez lui par ses propriétaires alors même que sa compagne et lui venait d’avoir leur premier enfant. Il lui fit rencontré des amis, des musiciens, organisa des concerts. Ilona elle, assura alors la fonction de manager et fonde Managam Musikverlag afin de promouvoir l’œuvre du compositeur.

En 1977, Jean Jacques Lemêtre à l’époque Directeur du Département Musique au « CREAR » (Centre de formation permanente pour les Arts) à Gouvieux, organise la venue de Moondog en France. L’histoire débute lorsqu’il demande à Martin Meissonnier – manager de son groupe Prospection (alors composé de Jean-Jacques au basson et cromorne, Yves Gourhand à la clarinette, François Février au trombone, Ghislain Mathiot au saxophone alto, François Laizeau à la batterie et Jacques Riou aux flûtes) – de rechercher des partitions de Moondog que tout le monde considérait comme décédé.

Martin remonte jusqu’à la Columbia, qui lui annonce que les royalties sont toujours versées à Moondog à Oer Erkenwick en Allemagne. Il se rend donc, sans prévenir, à l’adresse donné par la maison de disque. Arrivé là bas il vit Moondog, assit devant la maison, au soleil avec ses vêtements de Viking. Ils discutèrent tous les deux de la vie de Moondog à New York, des jams qu’il y faisait à 5 heures du matin avec Dizzy Gilespie lorsqu’il sortait de boite.

C’est à cette même époque que Moondog fit la connaissance d’Ilona Goeble alors agée de 24 ans. Avec elle il allait fondé Managarm (« chiens ou loups de la Lune » dans la mythologie nordique), la société qui aujourd’hui encore gère les droits du compositeur. Elle l’aidait à retranscrire en partition toutes les mélodies auxquelles Moondog pensait en permanence et devait être prête à tout instant. En effet Moondog composait dans sa tête et le simple fait d’entendre un instrument nouveau ou de rencontrer quelqu’un avec qui il sympathisait était prétexte à la composition d’un morceau, ce qui explique l’œuvre gigantesque qu’il a laissé derrière lui. Plus tard Ilona allait devenir sa compagne, et son infirmière, mais aussi lui imposer de ne plus porter ses costumes de Viking, lui couper barbe et cheveux, et même lui faire cesser de jouer du trimba, afin qu’il ait « l’air d’un compositeur sérieux ».

Quoi qu’il en soit Martin proposa alors à Moondog de venir jouer lors d’un concert organisé par France Musique (à l’époque dirigée par Louis Dandrel) dans le cadre d’une série de concerts improbables placés sous la houlette d’Eric Dietlin et donnés à la salle Gaveau à Paris (VIIIe), lieu de représentation essentiellement tourné vers la musique de chambre. A Paris Moondog et Ilona logeaient chez Catherine Deloche, une amie de Martin aujourd’hui productrice à France Musique. La première chose que Moondog voulu faire en arrivant là bas fut de toucher les canons de Napoléon aux Invalides. Libération en avait tirer une pleine page sous le titre « Wagner à Dysneyland », un article de Fabien Roland Levy.

D’après Patrick Augelet, à l’époque élève de Jacques Riou et Jean-Jacques Lemêtre au conservatoire de Paris VIIIe, il avait été très difficile de réunir des musiciens « classiques » capables de jouer les partitions tout à fait déconcertantes de Moondog en plus des musiciens de Prospection. Ces musiciens avaient beaucoup de mal à mettre en place les morceaux de Moondog, peu habitués à ces rythmes syncopés et décalés. Ceux, plus rompus au jazz, semblaient mieux s’accommoder de ce style inhabituel à la musique classique. Ils sentaient le rythme au feeling tandis que les musiciens classiques eux, essayaient de compter les temps et quarts de soupirs… ils avaient eu beaucoup de mal !

Bien qu’émanant des grands orchestres parisiens, la leçon de mise en place rythmique donnée par Moondog au piano, dans l’un des grands studios de la Maison de la Radio où se déroulaient les répétitions, fut nécessaire à tous. Il se tenait debout au piano, tapant du pied certains rythmes avec la plus grande conviction et stabilité, tout en frappant impeccablement sur le clavier les accords en contretemps subtils, et chantant en plus allègrement les autres parties mélodiques. A la difficulté dûe à la particularité des oeuvres de Moondog s’ajoute le fait que la radio n’avait voulu payer que deux répétitions alors qu’il en aurait fallut beaucoup plus pour que tout le monde soit au point.

Le concert se déroula entre scepticisme des uns et enthousiasme des autres. Interloqué, le public se posait de nombreuse questions sur la musique de Moondog, tant la fraîcheur et l’innocence de ce dernier étaient confondantes : petites mélodies simples répétées en écho à l’envie, airs dansants bien rythmés reflétant l’éternité, compositions jazzy à la mise en place pointue, canons symphoniques à la frontière du baroque et du romantisme, toute la panoplie d’un rêveur mythique y était.

Jacques Riou raconte que parmi les airs auxquels il participait, il y en avait un qui était relativement difficle rythmiquement et qu’il jouait seul, avec Moondog au célesta. Il s’agissait de la Chaconne in C, un 5/4 rapide à environ 200 à la noire. « Tout se passa bien, rythmé et dansant jusqu’à la fin du morceau… mais aux dernières mesures, sans doute trop relâché car arrivant à la fin, j’ai inversé un rythme… au 1/10ème de seconde près, véritable Lucky Luke du tempo, Louis a inversé le sien, me remettant sur les rails illico-presto… Maestro ! ».

Il ajoute qu’à la fin du concert Moondog demanda au premier violon, Michel Ripoche, de traduire sa requête à l’ensemble des cordes, on pouvait voir ses yeux s’arrondir : « … Qu’est-ce qu’il veut ? … un ré ? … oui, en noires ! … des noires ? … oui… sur la pulsation ! …???????? … » et puis Moondog a commencé. "… boum… boum… boum… boum…" faisait imperturbablement le gros tambour tenu par Moondog pour introduire ce qui allait devenir Vercingétorix, Jean-Jacques conduisant la ligne mélodique avec un cromorne mythique entre ses doigts, suivi tant bien que mal par des "ré" arco sur les temps, pas trop concernés… et pourtant on aurait pu voir Vercingétorix à travers le visage barbu du maestro, digne des druides les plus celtiques… Ré… Ré… Ré… Ré… Ré… Ré…et là-dessus les membres de Prospection agitaient des clochettes, des crécelles et autres woodblocks & chimes… transportant l’auditoire ailleurs… finalement, ce fut un succès.

Cette période de la fin des années 70 est particulièrement prolifique pour le compositeur. En effet, entre 1977 et 1979, Moondog livrera pas moins de 4 albums – Moondog in Europe (1977), Moondog – Selected Works (1978), H’Art Songs (1978) et A New Sound Of An Old Instrument (1979). Quatre albums fortement marqués par ce majestueux instrument qu’est l’orgue. Très jeune Moondog s’intéressait déjà aux vieux instruments, adorait les toucher et composer un petit morceau pour chacun d’eux. Il avait déjà commencé à composer pour orgue dans les années 50 sans pouvoir enregistrer ses compositions sur l’instrument pour lequel elles étaient destinées, ainsi il existe de vieux enregistrements d’Oasis ou de Single Foot. De plus, l’orgue est un instrument classique par essence et Moondog à toujours eu une préférence pour la musique Classique par rapport au Jazz.

En 1978 il travail également avec l’organiste Paul Jordan sur un album qui devait s’intitulé Canons On The Keys. Il s’agissait de 28 compositions de Moondog issues de l’Art of the Canon Book I-III et Logrundrsur jouées sur l’orgue Hillebrand de l’Eglise Saint-Martin à Dortmund Gartenstadt, mais le disque ne fut jamais réalisé.


1980 – 1991 :

Les années 80 sont beaucoup plus calme en matière de sortie de disque et Moondog se consacre plus à des voyages à travers l’Europe où il connait un vif succès à Herten et Recklinghausen (Allemagne) en 1981, Paris en 1982, Salzbourg (Autriche) en 1984 et à Stockholm (Suède) en 1986.

Le 19 octobre 1982 l’Atelier de Création Radiophonique de France Culture avec la collaboration de la Biennale, du British Council et du Minister de la Culture organisent le passage de Moondog dans le Grand Auditorium de Radio France dans le cadre de la 12ème biennale. L’ensemble de Jean Jacques Lemêtre qui interpréta certains morceaux inédits était alors constitué d’Eric Aubier (trompette), Patrick Lagorce (trompette), Jean-Michel Vinit (Cor), Rolland Lemêtre (trombone), André Gilbert (tuba), Yves Courhand (clarinette), François Creamer (clarinette), Michel Risse (batterie), Fritz Storfinger (Grand Orgue), Jean Jacques Lemêtre (basson) et Moondog lui même au percussions.

Moondog fait partie de ces visionnaires de la musique dont le Nouveau Monde semble être une inépuisable pépinière. De ces créateurs non-conformistes et solitaires, déconcertants d’ingénuité, qui ont l’audace de faire fusionner leur univers imaginaire avec leur existence quotidienne.

Si l’on entend par naïveté une notion de fraîcheur, de sincérité et de grâce naturelle dans l’expression, alors oui, la musique de Moondog est naïve. Il faut savoir la recevoir sans préjugés. Il ne s’agit ni de jazz, ni de rock, ni de recherche expérimentale, mais d’une sorte de musique classique repensée de façon toute personnelle sur des rythme inusité. Des rythmes tels que le 5/4, le 5/2, le 7/2 ou le 5/8 que Moondog marque lui-même en frappant avec une maraca un petit tambour triangulaire de sa fabrication.

Moondog, qui écrit ses compositions en braille, a été longtemps musiciens ambulant sur le trottoir des rues de New-Yok. De son vrai nom Louis Hardin, il est né d’un pasteur protestant dans le Kansas en 1916, et il a passé son enfance en Caroline du Nord, dans le Wyoming, puis dans le Missouri où il a perdu la vue en jouant avec de la dynamite.

Utilisant, selon ses propres termes, « une démarche classique pour atteindre un résultat non classique », Moondog apparaît aujourd’hui, aux cotés de William Bolcom et d’Alan Lloyd qu’il a précédés, comme l’un des précurseurs d’un nouveau courant musical qui s’oppose au modernisme ordinaire de l’avant-garde instituée.

Lors de son passage en suède il travail avec le quatuor à cordes Bracelli, Flaskkvartetten, le Flesk Quartet ainsi que Stefan Lakatos qui joue du Trimba et du Dragon Teeth sur l’album Bracelli. Ce dernier explique que ce disque est un concept inventé par Moondog qui remonte aux années 50. « Bratsche »est le mot allemand pour la viole et « celli »est le pluriel de violoncelle en italien. Il s’agit donc d’une musique écrite pour un un quintet composé de deux violes et deux violoncelles et d’une contrebasse, ainsi que de percussions évidement. A noter l’absence de violon, Moondog n’appréciant guère les sons aigues et les vibratos.

Pour bon nombre des compositions de cette période européenne, on pouvait déjà trouver les premiers essais de ce concept enregistrés sur l’album sorti sur Epic en 1953 : « Moondog and his friends». Les deux morceaux très originaux sur la face B de l’album ; les Suites n°1et n°2. Il y avait de très belles parties musicales de viole et de violoncelle avec un incroyable accompagnement de percussions exotiques.

En 1988 il fut invité aux Transmusicales de Rennes où il joua quelques une de ses compositions accompagné de l’orchestre de la ville. Ce spectacle doit être filmé dans le cadre d’un documentaire réalisé sur Moondog, mais au bout d’une vingtaine de minutes les musiciens se lèvent et quittent la scène, estimant que les caméras filment plus que prévu… Moondog assis sur le coté de la scène comme à l’accoutumée contemple la scène déboussolé, ne comprenant pas ce qui arrive, demandant ce qu’il se passait alors que tout le monde pleurait autour de lui. Dix minutes plus tard les musiciens reviennent, la Symphonie se termine, mais le deuxième set qui devait être présenté le lendemain est annulé. Indignés les organisateurs auront ces mots : « Nous trouvons scandaleuse et irrespectueuse l’attitude des musiciens vis-à-vis du compositeur puisqu’ils se sont interrompus au plein milieu d’une de ses œuvres. ». Quelques jours avant cet incident, Moondog était conduit à Brocéliande par une équipe de caméras venu réaliser un documentaire sur le compositeur, ces mêmes personnes qui allaient, plus tard, trop filmer durant le concert. Reste qu’entre le Val sans Retour et le miroir aux fées Moondog devait, plus que jamais, avoir l’air d’un druide mystique.

L’année suivante Moondog s’en retourne à New York où on le croyait mort et enterré. Là bas, il fera l’ouverture du New Music America festival en dirigeant le Brooklyn Philharmonic Chamber Orchestra – à la demande de son vieil ami Philip Glass – toujours sur le coté de la scène avec un tambour pour donner le rythme. Ce concert fut un véritable succès. Cette année 89 se termine avec une collaboration avec Stefan Eicher sur son album My Place. Les deux hommes se sont rencontrés un an auparavant à Rennes, Eicher participant également aux Trans en 1988.


1992 – 1999 :

En 1992 Moondog commence à travailler sur Elpmas est un manifeste contre les mauvais traitements infligés à l’encontre du peuple aborigène, de la nature et des animaux, ainsi que des risques liés au progrès de façon plus générale. Disque aux sonorités sylvestres, plus proches de la forêt amazonienne que de celle de Brocéliande, les pistes d’Elpmas sont autant de sentiers audio à suivre en la compagnie du doux son du marimba.

C’est le producteur Andi Toma qui est à l’origine de ce disque. Il avait en effet proposé à Moondog d’essayer de travailler avec un ordinateur ce qui lui semblait logique parce que ses compositions étaient d’ordre mathématique. Dans un premier temps, il ne fut pas convaincu et c’est après coup qu’il a téléphoné à Andi pour lui dire que finalement ça l’intéressait, puis il est venu en studio et ils ont essayé. Ce disque est axé sur des compositions en canon extrêmement complexes que l’ordinateur gère parfaitement quand la difficulté des pièces rebute même les musiciens les plus rigoureux. la suite de ce disque deux mini tournées auront lieux en Allemagne en 1992 et 1994.

L’année qui suit ses tournées paraît l’album Big Band.

Puis en 1995, Hardin est convié par Elvis Costello à venir participer au Meltdown Festival, où étaient présent le London Brass et le London Saxophonic. Au cours de ce dernier Moondog enregistrera Sax Pax for a Pax en 1997, album composé de titre de Moondog revisités.

A propos du titre de l’album, Moondog explique lors d’une interview donné pour le magazine Perfect Sounds qu’il s’agit d’un jeu sur le mot « Pax » qui signifie paix, et sur le saxophone, inventé (Adolf) Sax. Or certains voyaient en le saxophone un rival aux cuivres au sein d’un orchestre militaire. Il y a donc un jeu de mot sur « paix » et « militaire ». Les hautbois et les flûtes ne peuvent pas entrer en concurrence avec les trompettes et trombones dans une fanfare militaire. Mais le saxophone lui est un instrument puissant rivalisant facilement avec les cuivres. De plus on en a abuser, certain joueur on rendu sa sonorité presque comique alors qu’il possède selon Moondog un côté sérieux également.

Moondog donnera son dernier concert à Arles, en France le 1 aout 1999 en compagnie de Dominique Ponty au piano.

Un mois plus tard, le 8 septembre 1999 peut avant minuit, Louis Thomas Hardin décède à l’hôpital évangéliste de Münster alors qu’il écoutait du Camille Saint-Saëns, il est alors agé de 83 ans. Dans sa chambre se trouvait étalées tout autour de lui des centaines de partitions en braille. Il s’agissait d’un travail colossal que Moondog avait amorcé deux ans auparavant, intitulé 200 Clubs. Personne ne sait réellement le contenu de ce travail, aujourd’hui les partitions sont, comme bien d’autres, en la possession d’Ilona.

Il est amusant de constater que lui qui voyait en le chiffre 9 la clé qui permettait de décrypter l’univers a bien faillit mourir le 9/9/99.